La Ou Le Vent Me Mene


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(as of Jan 26,2020 04:42:55 UTC



L’heure du sixième album a sonné pour Keen’V qui a vu son succès monter avec régularité, jusqu’à l’installer au sommet des ventes du format tous genres confondus, au fur et à mesure que son style s’affirmait. Parti d’une variété impersonnelle sur « J’suis conscient » (2009), le Rouennais a cherché sa voie dans la house baléarique avant de trouver la formule gagnante en la mélangeant au dancehall caribéen d’Ange ou Démon (2013) et de Saltimbanque (2014), certifiés disques de platine.

En si peu de temps, l’évolution stylistique s’est accompagnée d’une suite de tubes, de tournées à guichets fermés et d’un succès phénoménal sur les réseaux sociaux. Pour autant, il n’est pas question d’attraper la grosse tête, comme en témoignent ses fréquents retours sur son enfance. Les « Blessures du passé » réapparaissent sur un étonnant accompagnement grave et acoustique de guitare et de violoncelle, la figure paternelle est à nouveau évoquée dans l’amer « Comme les autres », et la copine dont « il n’était pas le style » refait surface sur « J’avais cru comprendre », dans un dancehall léger, après l’avoir vu à la télé.

Touchant dans l’introspection, Keen’V ne peut échapper à la posture adolescente qu’il a soigneusement entretenue. Premier extrait typique de sa recette dancehall, le morceau idéaliste « Un monde meilleur » va de pair avec « Rien qu’une fois », ou la quête du désir pour un moment ou pour la vie. Sur fond de hard rock, « La Vie devant nous » accueille la voix régulière de Lorelei B. et les choeurs façon The Buggles de « Video Killed the Radio Star », tandis que le récréatif « Le Temps passe trop vite », dans lequel défilent quelques images pas si lointaines de son insolence passée, répond à « Carpe Diem », de 2011, pour conclure qu’il faut profiter de l’instant présent. Ce qu’il applique dans le festif « Dans ce genre de soirée ».

Plus personnel et plus varié mais moins inspiré que son prédécesseur, Là Où le Vent Me Mène finit par emporter l’adhésion à coup de bonne humeur ou de sincérité. En amuseur public, Keen’V a de l’avenir quand il se déhanche avec Rayane Bensetti sur « J’ai piscine » ou Nawaach dans « Tout oublié », et transforme « Ma petite Jade » en…« Marie-Jeanne », clin d’oeil herbivore inclus.

Loïc Picaud – Copyright 2019 Music Story